Babet l'empoisonneuse ou l’empoisonnée

Fiction & Literature, Historical
Cover of the book Babet l'empoisonneuse ou l’empoisonnée by G  LENOTRE, GILBERT TEROL
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Author: G LENOTRE ISBN: 1230000211624
Publisher: GILBERT TEROL Publication: January 21, 2014
Imprint: Language: French
Author: G LENOTRE
ISBN: 1230000211624
Publisher: GILBERT TEROL
Publication: January 21, 2014
Imprint:
Language: French

Un personnage de marque passant, un jour de l’été de 1764, par Avesnes, s’arrêta à l’auberge de la Poste que tenait un certain Leverd, médiocre hôtelier, mais père de famille ordonné et pratique : il avait, en effet, douze ou treize enfants dont il employait les aînés comme domestiques. Le voyageur soupa chez Leverd et partit le soir même : c’était le comte de Normont, ancien officier du roi, chevalier de Saint-Louis, bien en cour et possesseur de grandes terres dans le Hainaut français.

On le revit à Avesnes une semaine plus tard, et il descendit de nouveau à la Poste. Non point que le régime de la maison eût de quoi satisfaire un grand seigneur de sa sorte ; mais il avait remarqué l’une des filles de l’aubergiste, jolie personne de seize à dix-sept ans dont la fraîche figure lui plaisait. À cette seconde visite, il s’avisa que la fillette, chargée des grosses besognes, malgré son jeune âge, paraissait profondément mélancolique et s’acquittait de son labeur avec une sorte de résignation humiliée et des airs de princesse déchue. Le gentilhomme, intrigué, attira l’enfant dans sa chambre et la questionna paternellement. Elle ne lui répondit d’abord que par des sanglots ; mais il s’ingénia avec tant de bonté à la rassurer que Françoise, — tel était le prénom de la servante, — prit confiance et lui conta la cause de sa tristesse : élevée dans un couvent, grâce à la générosité d’une marraine charitable, elle en avait été retirée brutalement par son père qui voulait faire d’elle une fille de chambre ; elle ne pouvait s’habituer à son nouvel état et regrettait l’élégante et douce quiétude du cloître. Les gens parmi lesquels elle vivait étaient vulgaires et rudes ; ses frères la traitaient mal ; ses parents exigeaient d’elle des travaux répugnants et la contraignaient au service des voyageurs, ce qui exposait la pauvre fille aux grossièretés, pis encore, aux amabilités de passants dénués de scrupules. Bref, elle prenait la vie en dégoût et s’épouvantait de l’avenir.

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Un personnage de marque passant, un jour de l’été de 1764, par Avesnes, s’arrêta à l’auberge de la Poste que tenait un certain Leverd, médiocre hôtelier, mais père de famille ordonné et pratique : il avait, en effet, douze ou treize enfants dont il employait les aînés comme domestiques. Le voyageur soupa chez Leverd et partit le soir même : c’était le comte de Normont, ancien officier du roi, chevalier de Saint-Louis, bien en cour et possesseur de grandes terres dans le Hainaut français.

On le revit à Avesnes une semaine plus tard, et il descendit de nouveau à la Poste. Non point que le régime de la maison eût de quoi satisfaire un grand seigneur de sa sorte ; mais il avait remarqué l’une des filles de l’aubergiste, jolie personne de seize à dix-sept ans dont la fraîche figure lui plaisait. À cette seconde visite, il s’avisa que la fillette, chargée des grosses besognes, malgré son jeune âge, paraissait profondément mélancolique et s’acquittait de son labeur avec une sorte de résignation humiliée et des airs de princesse déchue. Le gentilhomme, intrigué, attira l’enfant dans sa chambre et la questionna paternellement. Elle ne lui répondit d’abord que par des sanglots ; mais il s’ingénia avec tant de bonté à la rassurer que Françoise, — tel était le prénom de la servante, — prit confiance et lui conta la cause de sa tristesse : élevée dans un couvent, grâce à la générosité d’une marraine charitable, elle en avait été retirée brutalement par son père qui voulait faire d’elle une fille de chambre ; elle ne pouvait s’habituer à son nouvel état et regrettait l’élégante et douce quiétude du cloître. Les gens parmi lesquels elle vivait étaient vulgaires et rudes ; ses frères la traitaient mal ; ses parents exigeaient d’elle des travaux répugnants et la contraignaient au service des voyageurs, ce qui exposait la pauvre fille aux grossièretés, pis encore, aux amabilités de passants dénués de scrupules. Bref, elle prenait la vie en dégoût et s’épouvantait de l’avenir.

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