Nietzsche et l'Immoralisme

Nonfiction, Social & Cultural Studies, Political Science, Politics, Reference, Biography & Memoir, Philosophers, Fiction & Literature, Classics
Cover of the book Nietzsche et l'Immoralisme by Alfred Fouillée, PRB
View on Amazon View on AbeBooks View on Kobo View on B.Depository View on eBay View on Walmart
Author: Alfred Fouillée ISBN: 1230000260190
Publisher: PRB Publication: August 13, 2014
Imprint: Language: French
Author: Alfred Fouillée
ISBN: 1230000260190
Publisher: PRB
Publication: August 13, 2014
Imprint:
Language: French


Nietzsche et l'Immoralisme - Alfred Fouillée
 
Ce livre comporte une table des matières dynamique.
Il est parfaitement mis en page pour une lecture sur liseuse électronique.
 
Alfred Fouillée (1838 - 1912) est un philosophe français.
 
Nietzsche et l'Immoralisme - Extrait :
 
I. — Selon Stirner, ce n’est pas l’homme qui est la mesure de tout, c’est le moi. Stirner croit trouver le vrai point d’appui universel dans la conscience individuelle, dans ce moi toujours présent, qui se retrouve en toute pensée. Feuerbach avait proposé l’Homme à notre adoration ; c’est là, répond Stirner, un nouvel Être suprême ; l’Homme n’a aucune réalité ; tout ce qu’on lui attribue est « un vol fait à l’individu ». Feuerbach avait dit : Le Dieu dont parle Hegel après Platon n’est autre chose que l’Homme.— Mais l’Homme lui-même, répond encore Stirner, est « un fantôme, qui n’a de réalité qu’en Moi et par Moi » ; l’humain n’est qu’ « un des éléments constitutifs de mon individualité et est le mien », de même que « l’Esprit est mon esprit et que la chair est ma chair ». Je suis le centre du monde, et le monde (monde des choses, des hommes et des idées) « n’est que ma propriété », dont mon égoïsme souverain use selon son bon plaisir et selon ses forces. Ma propriété est ce qui est en mon pouvoir ; mon droit, n’étant
pas une permission que m’accorde un être extérieur et « supérieur » à moi, n’a d’autre limite que ma force et n’est que ma force. Mes relations avec les hommes, que ne peut régler nulle puissance religieuse, c’est-à-dire extérieure, sont celles d’égoïste à égoïste ; je les emploie ou ils m’emploient, nous sommes l’un pour l’autre un instrument ou un ennemi.
 
« L’au-delà extérieur est balayé, mais l’au-delà intérieur reste ; il nous appelle à de nouveaux combats » : il faut le détruire à son tour. La prétendue « immanence », chère aux Hégéliens, n’est qu’une forme déguisée de l’ancienne transcendance ». Le libéralisme politique, qui me soumet à l’État, le socialisme, qui me subordonne à la Société, l’humanisme de Br. Bauer, de Feuerbach et de Ruge, qui me réduit à n’être plus qu’un rouage de l’humanité, ne sont que « les dernières incarnations du vieux sentiment chrétien, qui toujours soumet l’individu à une généralité abstraite » ; ce sont les dernières formes de la domination de l’esprit de hiérarchie. « Les plus récentes révoltes contre Dieu ne sont encore que des insurrections théologiques. » Toutes ces révoltes ont beau affranchir l’individu des dogmes et secouer, en apparence, toute autorité, elles le laissent, selon Stirner, serviteur de l’Esprit, de la Vérité, de l’Objet. Pour le Moi, au contraire, l’esprit n’est que « mon œuvre », la vérité est « ma créature », l’objet n’est « que mon objet ». — Schopenhauer démontrera lui-même ce dernier point et fera du monde entier « ma représentation »...
 
 

View on Amazon View on AbeBooks View on Kobo View on B.Depository View on eBay View on Walmart


Nietzsche et l'Immoralisme - Alfred Fouillée
 
Ce livre comporte une table des matières dynamique.
Il est parfaitement mis en page pour une lecture sur liseuse électronique.
 
Alfred Fouillée (1838 - 1912) est un philosophe français.
 
Nietzsche et l'Immoralisme - Extrait :
 
I. — Selon Stirner, ce n’est pas l’homme qui est la mesure de tout, c’est le moi. Stirner croit trouver le vrai point d’appui universel dans la conscience individuelle, dans ce moi toujours présent, qui se retrouve en toute pensée. Feuerbach avait proposé l’Homme à notre adoration ; c’est là, répond Stirner, un nouvel Être suprême ; l’Homme n’a aucune réalité ; tout ce qu’on lui attribue est « un vol fait à l’individu ». Feuerbach avait dit : Le Dieu dont parle Hegel après Platon n’est autre chose que l’Homme.— Mais l’Homme lui-même, répond encore Stirner, est « un fantôme, qui n’a de réalité qu’en Moi et par Moi » ; l’humain n’est qu’ « un des éléments constitutifs de mon individualité et est le mien », de même que « l’Esprit est mon esprit et que la chair est ma chair ». Je suis le centre du monde, et le monde (monde des choses, des hommes et des idées) « n’est que ma propriété », dont mon égoïsme souverain use selon son bon plaisir et selon ses forces. Ma propriété est ce qui est en mon pouvoir ; mon droit, n’étant
pas une permission que m’accorde un être extérieur et « supérieur » à moi, n’a d’autre limite que ma force et n’est que ma force. Mes relations avec les hommes, que ne peut régler nulle puissance religieuse, c’est-à-dire extérieure, sont celles d’égoïste à égoïste ; je les emploie ou ils m’emploient, nous sommes l’un pour l’autre un instrument ou un ennemi.
 
« L’au-delà extérieur est balayé, mais l’au-delà intérieur reste ; il nous appelle à de nouveaux combats » : il faut le détruire à son tour. La prétendue « immanence », chère aux Hégéliens, n’est qu’une forme déguisée de l’ancienne transcendance ». Le libéralisme politique, qui me soumet à l’État, le socialisme, qui me subordonne à la Société, l’humanisme de Br. Bauer, de Feuerbach et de Ruge, qui me réduit à n’être plus qu’un rouage de l’humanité, ne sont que « les dernières incarnations du vieux sentiment chrétien, qui toujours soumet l’individu à une généralité abstraite » ; ce sont les dernières formes de la domination de l’esprit de hiérarchie. « Les plus récentes révoltes contre Dieu ne sont encore que des insurrections théologiques. » Toutes ces révoltes ont beau affranchir l’individu des dogmes et secouer, en apparence, toute autorité, elles le laissent, selon Stirner, serviteur de l’Esprit, de la Vérité, de l’Objet. Pour le Moi, au contraire, l’esprit n’est que « mon œuvre », la vérité est « ma créature », l’objet n’est « que mon objet ». — Schopenhauer démontrera lui-même ce dernier point et fera du monde entier « ma représentation »...
 
 

More books from PRB

Cover of the book La Femme en blanc by Alfred Fouillée
Cover of the book La Marquise de Pompadour (Version complète Tomes 1 et 2) by Alfred Fouillée
Cover of the book Education de l'Enfant. by Alfred Fouillée
Cover of the book L’Université d'Avignon au XVIIe et XVIIIe Siècles by Alfred Fouillée
Cover of the book L’Homme truqué by Alfred Fouillée
Cover of the book Vie de Beethoven by Alfred Fouillée
Cover of the book L’Économie politique et le Socialisme by Alfred Fouillée
Cover of the book L’Exilé by Alfred Fouillée
Cover of the book William Shakespeare by Alfred Fouillée
Cover of the book La Pensée et le mouvant by Alfred Fouillée
Cover of the book En rade by Alfred Fouillée
Cover of the book Correspondance 1812-1876 - Tomes 1, 2 et 3. by Alfred Fouillée
Cover of the book La Jeune Parque by Alfred Fouillée
Cover of the book L’Allemagne au-dessus de tout by Alfred Fouillée
Cover of the book L’Égyptologie by Alfred Fouillée
We use our own "cookies" and third party cookies to improve services and to see statistical information. By using this website, you agree to our Privacy Policy