Le Calvaire

Fiction & Literature, Historical
Cover of the book Le Calvaire by Octave Mirbeau, E H
View on Amazon View on AbeBooks View on Kobo View on B.Depository View on eBay View on Walmart
Author: Octave Mirbeau ISBN: 1230001223026
Publisher: E H Publication: March 12, 2016
Imprint: Language: French
Author: Octave Mirbeau
ISBN: 1230001223026
Publisher: E H
Publication: March 12, 2016
Imprint:
Language: French

Je suis né, un soir d’octobre, à Saint-Michel-les-Hêtres, petit bourg du département de l’Orne, et je fus aussitôt baptisé aux noms de Jean-François-Marie Mintié. Pour fêter, comme il convenait, cette entrée dans le monde, mon parrain, qui était mon oncle, distribua beaucoup de bonbons, jeta beaucoup de sous et de liards aux gamins du pays, réunis sur les marches de l’église. L’un d’eux, en se battant avec ses camarades, tomba sur le coupant d’une pierre, si malheureusement qu’il se fendit le crâne et mourut le lendemain. Quant à mon oncle, rentré chez lui, il prit la fièvre typhoïde et trépassa quelques semaines après. Ma bonne, la vieille Marie, m’a souvent conté ces incidents, avec orgueil et admiration.

Saint-Michel-les-Hêtres est situé à l’orée d’une grande forêt de l’État, la forêt de Tourouvre. Bien qu’il compte quinze cents habitants, il ne fait pas plus de bruit que n’en font, dans la campagne, par une calme journée, les arbres, les herbes et les blés. Une futaie de hêtres géants, qui s’empourprent à l’automne, l’abrite contre les vents du Nord, et les maisons, aux toits de tuile, vont, descendant la pente du coteau, gagner la vallée large et toujours verte, où l’on voit errer les bœufs, par troupeaux. La rivière d’Huisne, brillante sous le soleil, festonne et se tord capricieusement dans les prairies, que séparent l’une de l’autre des rangées de hauts peupliers. De pauvres tanneries, de petits moulins s’échelonnent sur son cours, clairs, parmi les bouquets d’aulnes. De l’autre côté de la vallée, ce sont les champs, avec les lignes géométriques de leurs haies et leurs pommiers qui vagabondent. L’horizon s’égaie de petites fermes roses, de petits villages qu’on aperçoit, de-ci, de-là, à travers des verdures presque noires. En toutes saisons, dans le ciel, à cause de la proximité de la forêt, vont et viennent les corbeaux et les choucas au bec jaune...

View on Amazon View on AbeBooks View on Kobo View on B.Depository View on eBay View on Walmart

Je suis né, un soir d’octobre, à Saint-Michel-les-Hêtres, petit bourg du département de l’Orne, et je fus aussitôt baptisé aux noms de Jean-François-Marie Mintié. Pour fêter, comme il convenait, cette entrée dans le monde, mon parrain, qui était mon oncle, distribua beaucoup de bonbons, jeta beaucoup de sous et de liards aux gamins du pays, réunis sur les marches de l’église. L’un d’eux, en se battant avec ses camarades, tomba sur le coupant d’une pierre, si malheureusement qu’il se fendit le crâne et mourut le lendemain. Quant à mon oncle, rentré chez lui, il prit la fièvre typhoïde et trépassa quelques semaines après. Ma bonne, la vieille Marie, m’a souvent conté ces incidents, avec orgueil et admiration.

Saint-Michel-les-Hêtres est situé à l’orée d’une grande forêt de l’État, la forêt de Tourouvre. Bien qu’il compte quinze cents habitants, il ne fait pas plus de bruit que n’en font, dans la campagne, par une calme journée, les arbres, les herbes et les blés. Une futaie de hêtres géants, qui s’empourprent à l’automne, l’abrite contre les vents du Nord, et les maisons, aux toits de tuile, vont, descendant la pente du coteau, gagner la vallée large et toujours verte, où l’on voit errer les bœufs, par troupeaux. La rivière d’Huisne, brillante sous le soleil, festonne et se tord capricieusement dans les prairies, que séparent l’une de l’autre des rangées de hauts peupliers. De pauvres tanneries, de petits moulins s’échelonnent sur son cours, clairs, parmi les bouquets d’aulnes. De l’autre côté de la vallée, ce sont les champs, avec les lignes géométriques de leurs haies et leurs pommiers qui vagabondent. L’horizon s’égaie de petites fermes roses, de petits villages qu’on aperçoit, de-ci, de-là, à travers des verdures presque noires. En toutes saisons, dans le ciel, à cause de la proximité de la forêt, vont et viennent les corbeaux et les choucas au bec jaune...

More books from E H

Cover of the book Twin Peaks: The True Story by Octave Mirbeau
Cover of the book La physique du discontinu by Octave Mirbeau
Cover of the book Henri Poincaré, l'oeuvre mathématique by Octave Mirbeau
Cover of the book Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure by Octave Mirbeau
Cover of the book Alfred de Musset by Octave Mirbeau
Cover of the book Adresse au peuple sur la mort de la Princesse Charlotte by Octave Mirbeau
Cover of the book Le Mort vivant by Octave Mirbeau
Cover of the book Golden Goats by Octave Mirbeau
Cover of the book The Gods of Asphalt: Book One by Octave Mirbeau
Cover of the book Henri Poincaré, le problème des trois corps by Octave Mirbeau
Cover of the book La physique des électrons by Octave Mirbeau
Cover of the book Psychopathologie de la vie quotidienne - Application de la psychanalyse à l’interprétation des actes de la vie quotidienne by Octave Mirbeau
Cover of the book De la phlébite suppurative by Octave Mirbeau
Cover of the book Un soir à Hernani : 26 février 1902 by Octave Mirbeau
Cover of the book Iconic Interviews by Octave Mirbeau
We use our own "cookies" and third party cookies to improve services and to see statistical information. By using this website, you agree to our Privacy Policy